Côte du Bateau-Passeur : Breton veut des améliorations sur-le-champ

Par Shirley Kennedy 1:37 PM - 03 juillet 2019
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Tadoussac – « C’est un avertissement. Il faut améliorer la sécurité dès maintenant à très court terme », lance Charles Breton, maire de Tadoussac. Quelque peu contrarié par la sortie de la Société du pont sur le Saguenay au lendemain du tragique accident « avec leur tirade : on l’avait dit, on l’avait dit », l’élu veut des approches de la route 138 menant au débarcadère sécuritaires, et ce dès maintenant.« Ce n’est pas que nous sommes contre le pont à tout prix, mais quand bien même ils commenceraient le pont, ça ne sera pas plus sécuritaire et ça ne se fera pas demain matin. La côte Arsène-Gagnon, c’est de la petite bière à côté de ça ».

Charles Breton dénonce l’argumentaire préconisé notamment par la Société du pont sur le Saguenay qui mise uniquement sur un pont pour améliorer la situation. « Ne faisons rien, il va y avoir d’autres morts et le pont viendra plus vite », ironise-t-il.

Assez de tergiversations
Charles Breton demande une aire d’attente, compte-tenu de la situation particulière de la route 138. « Ça aurait pu être un chargement de pétrole ou d’explosifs, c’est une route industrielle, dont l’économie repose sur des grosses vans et des camions. Il faut arrêter ».

Le maire de Tadoussac constate que les budgets ne sont pas au rendez-vous, pas plus que la volonté gouvernementale pour améliorer la situation et sécuriser ce secteur névralgique du seul accès routier à la Côte-Nord.

Des études en parallèle
De son côté, la porte-parole de la direction régionale du ministère des Transports, Sarah Gaudreault, confirme que le MTQ a fourni à la Sûreté du Québec, les images des caméras qui se trouvent notamment près de l’aire de vérification des freins à l’entrée est de Tadoussac.

« Nous collaborons avec la Sûreté du Québec et pendant ce temps, nous poursuivons notre étude de micro-circulation cet été en lien avec le projet de réaménagement des approches sur une distance de 2 km, tandis que le bureau de projet du pont suit son cours », relate Mme Gaudreault.
Cette dernière confirme qu’au cours des derniers mois, un contrat a été confié à une firme externe qui permettra de déterminer quel scénario de réaménagement des voies serait le plus approprié. Le secteur à l’étude est situé entre le quai jusqu’à la rue des Érables. « S’il y a lieu de précipiter quoi que ce soit, ce n’est pas nous (la direction régionale) qui allons prendre cette décision mais bien le ministère des Transports », ajoute-t-elle.

De 2013 à 2017, la direction régionale du MTQ a répertorié dans ce secteur de Tadoussac, 27 accidents dans une zone de 2 km « et pas toujours dans la zone d’embarquement », précise la porte-parole. De ce nombre, on note huit accidents avec blessés légers et 19 accidents avec dommages matériels, « qui peuvent aller du simple accrochage en sortant du traversier et qui ne sont pas tous des accidents de grande envergure ».

Quant à la Sûreté du Québec, le relationniste Hugues Beaulieu indique que l’accident est toujours sous enquête et que le travail du « reconstitutionniste » est complété. Ce dernier refuse de confirmer si le conducteur du motorisé a vérifié l’état des freins de son véhicule en empruntant l’aire de vérification.

Rappelons que le 24 juin dernier, le motorisé dans lequel prenait place le couple, a vraisemblablement manqué de freins dans la côte qui mène au débarcadère de la Société des traversiers du Québec. Tout indique que le conducteur n’a pas vu le lit d’arrêt qui se trouve à droite de la chaussée. La rampe d’accès au traversier étant redressée, celle-ci est devenu un inéluctable tremplin pour le motorisé qui a percuté le bout du pont du NM Jos-Deschênes II, qui venait de quitter le quai. Le décès du conducteur Éric Belec âgé de 40 ans de Laval, a été confirmé quelques heures plus tard.
Au moment d’aller sous presse, la passagère Mélanie Boucher de Lévis était toujours dans un état critique.

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