Des municipalités hébergent des gens pris dans la tempête

Par Charlotte Paquet 8:34 AM - 03 mars 2020
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La poudrerie a mis à mal les conditions routières sur la route 138, comme ici en Haute-Côte-Nord.

La Côte-Nord a connu la semaine dernière sa pire tempête de neige de 2020. La fermeture de la route 138 pendant de longues heures a obligé les municipalités à ouvrir des centres d’hébergement temporaires pour accueillir les gens mal pris.

La Haute-Côte-Nord a prêté main-forte aux victimes de la tempête. À Tadoussac, trois personnes ont été hébergées au centre des loisirs, a confié Claude Brassard, responsable des communications dans le cadre du plan de mesures d’urgence. Matelas gonflables, couvertures, café et collations ont été offerts aux gens. « Tout s’est bien déroulé et les personnes hébergées étaient très heureuses de pouvoir se reposer. »

À Forestville, 26 personnes ont passé la soirée et la nuit à la polyvalente des Rivières puisque les deux hôtels de la municipalité affichaient complet, d’autant plus qu’un groupe de 85 motoneigistes en randonnée sur la Côte-Nord occupaient déjà la presque totalité d’un des deux endroits. Des matelas fournis par les écoles primaires et secondaires ont permis aux gens de s’étendre. La mairesse Micheline Anctil est satisfaite de la façon dont les mesures d’urgence ont été déployées.

Du côté des Escoumins, un refuge a également été ouvert pour accueillir des voyageurs immobilisés dans le village en raison de la fermeture de la route. « En quelques minutes, notre salle multifonctionnelle accueillait des gens en leur offrant café, biscuits et couvertures », a déclaré le maire André Desrosiers, en levant son chapeau à la direction et au personnel de la municipalité.

Manicouagan

Baie-Trinité est l’une de celles qui a offert le gîte et le couvert à partir de l’heure du souper du 27 février jusqu’au milieu de la journée du 28. Une trentaine de personnes ont trouvé refuge au centre communautaire pour passer la nuit au chaud parce qu’à l’extérieur, la neige et la poudrerie rendaient la route impraticable.

Un peu avant 11 h vendredi, la réouverture de la route vers l’ouest pour les véhicules légers a permis à environ la moitié des gens de quitter Baie-Trinité.

« On leur a donné à manger, on leur a donné un toit, on a essayé d’éviter qu’ils passent ça dehors », a expliqué le maire Étienne Baillargeon, qui a coordonné toutes les opérations d’hébergement. Il considère que tout s’est bien passé dans les circonstances, mais en se plaçant dans la peau des personnes hébergées, il reconnaît toutefois qu’il n’y avait rien de bien joyeux pour elles.

Pour dormir, a raconté l’élu, les gens se sont adaptés tant bien que mal. Les quatre lits de camp et la literie nécessaire récemment acquis par la municipalité ont été utiles, tout comme le sofa disponible sur place.

On se souviendra qu’au début de 2019, le centre communautaire de Baie-Trinité avait été converti en centre d’hébergement à deux occasions en raison d’une fermeture de la route 138. C’est à partir de là que l’idée d’acquérir des lits de camp a fait son chemin. M. Baillargeon aimerait en avoir plus, mais la capacité financière de la municipalité doit être respectée.

Autre bordée
Selon Environnement Canada, une trentaine de centimètres de neige sont tombés sur la Manicouagan pendant la tempête de la fin de la semaine dernière.

Pour ce mercredi 4 mars, un autre système devrait laisser de 15 à 25 centimètres de neige dans le même secteur, selon le météorologue André Cantin.

Avec Johannie Gaudreault

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