Cégep de Baie-Comeau: les futurs policiers sensibilisés aux réalités autochtones

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Par Steeve Paradis
Cégep de Baie-Comeau: les futurs policiers sensibilisés aux réalités autochtones
Claude Montigny et Mathieu Pelletier, respectivement directeur général et président du conseil d’administration du cégep de Baie-Comeau, ont dévoilé les grandes lignes de la nouvelle formation en techniques policières adaptée aux réalités autochtones et régionales. (Photo : Le Manic)

Le cégep de Baie-Comeau pourra enfin offrir, à compter de l’automne 2021, une formation en techniques policières adaptée aux communautés autochtones et aux enjeux régionaux. Cette formation a été rendue possible grâce à une alliance avec le cégep de l’Abitibi-Témiscamingue.

L’établissement local pourra ainsi former trois cohortes de vingt étudiants chacune. L’autorisation de donner cette formation est provisoire, autour de cinq ans, et vise à combler en priorité les besoins en main-d’œuvre policière sur la Côte-Nord, qui compte sur son territoire neuf postes de police de la Sûreté du Québec et cinq corps de police autochtone, de faire valoir le directeur général de l’établissement, Claude Montigny.

« On aura une couleur unique et les étudiants seront formés selon des pratiques novatrices, adaptées aux réalités des régions éloignées », a-t-il lancé en ajoutant qu’il y a « au moins trois ans de travail en amont avant l’annonce d’aujourd’hui ».

La collaboration entre les deux cégeps les a amené à demander au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur une actualisation de la formation en techniques policières, afin entre autres de donner rapidement suite au rapport découlant de l’Enquête nationale sur les femmes autochtones assassinées et disparues et à celui sur les services de police dans les communautés autochtones.

« Depuis plusieurs années, nous avons vécu des événements malheureux découlant de la méconnaissance des rapports avec les Premières Nations », n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler le nouveau chef de Pessamit, Jean-Marie Vollant.

Quant à Michèle Audette, notamment connue pour son travail de commissaire dans l’Enquête nationale sur les femmes autochtones, elle a parlé « d’un moment émouvant et historique », où autochtones et non autochtones vont « enfin pouvoir faire des choses ensemble ».

Une urgence

Autant pour M. Montigny que pour son vis-à-vis du cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, Sylvain Blais, il devenait plus qu’urgent de proposer une formation adaptée afin, premièrement, de sensibiliser « les effectifs policiers non autochtones à la nature particulière de l’intervention auprès de ces populations (…) et d’autre part, que les personnes autochtones aspirant à une carrière de policier se voient offrir des milieux de formation propices à leur recrutement ».

Le cégep de l’Abitibi-Témiscamingue est l’un des 12 établissements au Québec à offrir le programme de techniques policières, et l’un des deux jusqu’à aujourd’hui à proposer une attestation d’études collégiales en techniques policières autochtones. La collaboration entre les deux établissements permet à celui de Baie-Comeau d’offrir en premier le programme adapté.

Claude Montigny se montre très confiant d’attirer le maximum d’étudiants dans cette nouvelle formation. « (Le programme de techniques policières) est très fortement contingenté ailleurs au Québec. On pense avoir énormément de demandes, si on se fie à ce qui se passe dans les autres cégeps. »

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