Service correctionnel Canada enquête sur la présumée agression à Port-Cartier

Par Emy-Jane Déry 2:23 PM - 06 août 2021
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Service correctionnel Canada affirme prendre « très au sérieux » les allégations soulevées par le Congrès des peuples autochtones, qui rapporte l’agression d’un détenu par un agent correctionnel de Port-Cartier.

Le Congrès des peuples autochtones a dénoncé une présumée agression qui se serait produite à l’intérieur des murs du pénitencier de Port-Cartier, le 30 mai. Le Congrès a diffusé un communiqué relatant sa version de l’histoire, le 3 août. On y rapporte qu’un détenu autochtone bispirituel se serait fait casser un bras par un agent correctionnel et qu’il n’aurait notamment pas bénéficié d’un suivi de santé approprié, à la suite des événements.

Le Congrès déplore au passage le manque d’endroits sécuritaires pour un détenu « bispirituel ou transgenre » dans les pénitenciers, tandis que la présumée victime de l’agression se retrouverait désormais en cellule d’isolement 22 heures sur 24 pour sa sécurité.

Service correctionnel Canada (SCC) a refusé d’accorder une entrevue au Nord-Côtier.

« En raison des considérations relatives à la protection de la vie privée, nous ne pouvons pas faire de commentaires sur les détails spécifiques du cas d’un délinquant », a indiqué par courriel, Jean-François Mathieu, gestionnaire des communications au Service correctionnel du Canada.

Or, SCC a tout de même assuré prendre « très au sérieux les allégations faites dans ce cas » et confirme aussi qu’une enquête sur l’incident est en cours.

« Les employés du SCC doivent agir conformément aux normes juridiques et éthiques et sont assujettis aux règles de conduite professionnelle et au code de discipline énoncés dans la Directive du commissaire 060 – Code de discipline. Les employés qui enfreignent les politiques peuvent faire l’objet de mesures disciplinaires. Ces mesures sont évaluées au cas par cas », indique M. Mathieu.

Le Service correctionnel refuse aussi de divulguer les résultats des mesures disciplinaires, évoquant une fois de plus des notions de confidentialité.

« Le personnel et la haute direction du SCC s’efforcent de veiller à ce que notre travail de réadaptation des délinquants soit effectué en toute sécurité et avec le plus grand professionnalisme », souligne le gestionnaire des communications.

On précise que le SCC est tenu par la loi de fournir à tous les détenus les soins de santé essentiels.

« En plus des responsabilités législatives du SCC, la politique du SCC sur le recours à la force exige qu’une évaluation physique après le recours à la force soit offerte aux détenus par un professionnel de la santé. Si l’évaluation indique que d’autres services sont nécessaires, ceux-ci seront fournis », nous a-t-on indiqué.

Rappelons que dans le cas dénoncé par le Congrès des peuples autochtones, le détenu aurait été transporté à l’hôpital le 7 juin, soit plus d’une semaine après l’incident.  

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