McDonald’s se tourne vers l’immigration

Par Johannie Gaudreault 12:00 PM - 07 septembre 2021
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À Forestville, deux Marocains sont déjà au travail depuis trois semaines. Voici Said Belahcen et Zouhair El majadi, entourant la superviseure Nadia Bouchard.

Afin de faire face à la pénurie de main-d’œuvre qui continue d’affliger son entreprise, le propriétaire des McDonald’s de Baie-Comeau et Forestville, Jacques Bérubé, s’est tourné vers l’immigration. D’ici quelques semaines, une trentaine de travailleurs étrangers viendront prêter main forte à son équipe mobilisée dans ses trois restaurants.

Originaires du Maroc, de la Philippine et du Chili, les travailleurs seront logés et nourris par l’employeur, qui est bien déterminé à stabiliser ses équipes de travail afin de les rendre plus performantes.

« En ce moment, on respecte les normes demandées par McDonald’s, mais on pourrait améliorer notre performance », soutient Jacques Bérubé, en entrevue au journal Haute-Côte-Nord.

Les procédures pour l’embauche de personnes immigrantes ne sont pas moins imposantes et ardues. Le propriétaire et homme d’affaires expérimenté s’est lancé dans le processus dès l’achat de ses restaurants McDonald’s en mai 2020.

« Ça fait plus d’un an que je travaille sur ce dossier. Le processus est long, compliqué et coûteux. Je savais dès le départ que mon plus gros défi serait la pénurie de main-d’œuvre et les restaurants de Sept-Îles, Fermont et du Labrador ont déjà fait appel aux gens de l’extérieur. C’est de plus en plus courant à travers le Québec pour la chaîne », dévoile M. Bérubé.

À Forestville, l’employeur embaucherait dès demain 15 à 20 travailleurs.

« C’est ici que j’ai besoin le plus d’employés, confirme-t-il. J’ai même dû fermer la salle à manger en raison du manque de main-d’œuvre. Il faut que je prenne soin de mon équipe actuelle. À Baie-Comeau, j’ai réduit les heures d’ouverture. »

Le cœur à l’ouvrage

À ceux qui clament que les travailleurs étrangers enlèvent de l’emploi local, Jacques Bérubé est catégorique.

« Si notre population voulait travailler, nous n’en serions pas rendus là. J’ai plusieurs personnes qui viennent me voir, mais elles ne veulent pas faire de fins de semaine ou de soirs. J’ai besoin d’employés qui veulent travailler pour donner du bon service. »

En ce qui concerne les nouveaux venus, ils ont fait bonne impression au dirigeant.

« Ils sont travaillants et ils apportent du calme à l’équipe. Je suis très satisfait jusqu’à maintenant », affirme Jacques Bérubé.

Au moment d’écrire ces lignes, six Marocains et neuf Philippins sont embauchés ou le seront prochainement.

À Forestville, deux Marocains sont déjà au travail depuis trois semaines et cinq à six Philippins feront leur entrée en poste au cours des prochains jours.

L’entrepreneur a acquis une nouvelle résidence à Forestville et une autre à Baie-Comeau afin de loger ses travailleurs de l’extérieur.

Même si les procédures sont longues, quand est venu le temps d’accueillir les personnes immigrantes, tout se déroule dans un délai rapide.

« Il faut être prêt. On reçoit un appel nous disant qu’ils arrivent dans deux semaines. Avec mes résidences, ce sera plus facile de les accueillir adéquatement », d’admettre M. Bérubé.

Optimisme

Malgré tous les défis qu’il doit affronter quotidiennement en tant que propriétaire de trois restaurants McDonald’s, Jacques Bérubé ne peut s’empêcher d’être optimiste quant à l’avenir de son entreprise.

Si ce n’était pas de la pénurie de main-d’œuvre, l’homme d’affaires aurait le vent dans les voiles et pourrait investir davantage.

« McDonald’s nous encadre très bien. On est vraiment bien entourés, ce qui nous aide à accomplir notre mission chaque jour », soutient Jacques Bérubé, qui procédera à l’ouverture d’un nouveau restaurant sur le boulevard Laflèche à Baie-Comeau, près du IGA.

Les travaux sont en cours et devraient se terminer le 15 novembre. Le restaurant du boulevard La Salle sera quant à lui démoli, mais aucune perte d’emploi ne sera engendrée.

Au contraire, « ça créera de l’emploi et ce sera très bon pour l’économie locale », estime le propriétaire.

Au total, M. Bérubé embauchera près de 200 employés en incluant le nouveau restaurant et les travailleurs étrangers.

Les personnes intéressées à postuler pour un emploi peuvent le faire en se rendant directement à la succursale de Forestville auprès de la gérante Nadia Bouchard.

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