Des champignons pourraient digérer les dormants de chemin de fer de la Côte-Nord

Par Emy-Jane Déry 5:33 PM - 09 septembre 2021
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Un champignon récolté sur une traverse de chemin de fer par les chercheurs. Photo Kawina Robichaud

Un projet de recherche, unique au monde, de décontamination des dormants de chemins de fer avec des champignons est en cours sur la Côte-Nord.

Mené par des chercheurs du Centre de recherche et développement Biopterre et soutenu financièrement par Synergie 138, l’Alliance des SADC, ainsi que plusieurs partenaires, le projet vise à mettre en place une solution naturelle pour la décontamination des traverses de chemins de fer.

Pour pouvoir résister au climat féroce du Québec et traverser le temps, les dormants de chemin de fer sont imbibés de produits extrêmement chimiques. D’ailleurs le créosote, qui a été utilisé à cette fin pendant 150 ans, a été officiellement interdit en 2011, puisqu’il est cancérigène.

Une fois qu’ils ont atteint leur durée de vie utile, se débarrasser des dormants devient un problème.

La Côte-Nord compte 1 300 km de voie ferrée sur son territoire. Chaque année, on doit y changer 53 000 traverses de bois.

La majorité est dirigée en Estrie pour incinération. Au Canada, certaines sont aussi enfouies. Tout ceci représente des coûts importants, en plus d’une empreinte carbone non négligeable.

Avec son projet de recherche, Biopterre espère pouvoir reproduire en grande quantité des champignons qui se retrouvent naturellement sur les traverses de chemin de fer et qui ont la capacité de carrément digérer des composantes du bois.

Si une approche de décontamination est mise au point, une évaluation des différentes voies de valorisation de l’importante biomasse des traverses pourrait être envisagée

Les compagnies minières comme IOC et ArcelorMittal, Transport ferroviaire Tshiuetin, la SFPPN et plusieurs autres utilisateurs de chemin de fer de la Côte-Nord pourraient potentiellement sauver d’énormes coûts financiers et environnementaux, en utilisant cette technique mycotechnologique pour se débarrasser de leurs vieux dormants.

Selon l’échéancier, le projet de rechercher serait complété en mai 2022.

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