Une majorité de Nord-Côtiers n’est pas capable de comprendre les longs textes

Par Maxim Villeneuve 11:19 AM - 14 octobre 2021
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Plus de 60% de la population de trois MRC de la Côte-Nord n’atteignent pas le seuil jugé nécessaire pour comprendre des textes plus longs et complexes.  Ce sont les résultats dévoilés par la Fondation pour l’alphabétisation.

Ces chiffres sont présentés dans l’étude « La littératie au Québec : un regard local sur les enjeux », réalisée par l’économiste Pierre Langlois. Elle présente un portrait des compétences en littératie de la population dans chaque région du Québec. L’étude inclut une estimation locale pour toutes les agglomérations, ou pour les municipalités régionales de comtés (MRC).

Les plus récents résultats du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) affichaient un taux de 53,3% de la population québécoise n’atteignant pas le niveau 3 en littératie. Celui-ci est le degré considéré nécessaire pour comprendre des textes plus difficiles. M. Langlois a jumelé ces résultats de 2012 au dernier recensement canadien (2016) pour brosser le portrait régional des enjeux en littératie.

Les MRC de La Haute-Côte-Nord, de la Minganie et du Golfe-du-Saint-Laurent sont dans le niveau rouge de l’étude. Cela signifie que le pourcentage de gens qui n’atteignent pas le niveau 3 du PEICA est supérieur à 60%.

Les MRC de Sept-Rivières et de Caniapiscau sont au niveau orange. C’est-à-dire que le taux de gens qui n’atteignent pas le niveau 3 du PEICA se situe entre 58% et 60%. La seule MRC dans le niveau jaune est celle de Manicouagan. Entre 54% et 58% de sa population n’atteint pas le seuil requis. 

Aucune MRC de la région a moins de 54% qui n’atteint pas le niveau de littératie nécessaire, donc aucune d’entre elles n’est dans le vert.

Les endroits qui ont une population avec un niveau plus faible à travers le Québec présentent des caractéristiques similaires.

« Le niveau de littératie au Québec s’explique par la scolarité, la démographie, les conditions socio-économiques et le tissu économique des localités. Ainsi, les MRC du territoire québécois affichent des résultats qui varient selon ces différents indicateurs », explique l’auteur de l’étude.

Une forte proportion de la population de plus de 15 ans inclusivement n’a pas de diplôme, ou a un diplôme d’études professionnelles (DEP). Ces MRC connaissent aussi un phénomène de vieillissement de la population.

Plusieurs régions qui ont des caractéristiques économiques ou industrielles particulières, comme des industries de ressources naturelles, ont aussi un faible niveau de littératie. Les MRC des régions plus éloignées présentent des résultats plus défavorables.

Des pistes de solution

L’économiste Pierre Langlois a présenté sept pistes d’actions pour améliorer les compétences en littératie des Québécois.

Il recommande d’identifier les grands employeurs dans les MRC plus faibles pour ouvrir une discussion sur cet enjeu. M. Langlois indique qu’il faut définir les mesures de soutien en littératie dans les milieux agricoles, forestiers et de la transformation.

L’établissement d’un contrat social entre le milieu manufacturier et les écoles professionnelles permettrait une diplomation complète. Selon M. Langlois, il est aussi nécessaire de comprendre les limites de la couverture régionale des cégeps et des autres acteurs culturels.

L’économiste suggère l’adoption d’une approche communautaire et spécifique à l’endroit pour les grandes villes.

Le soutien à l’apprentissage de la littératie chez les ainés est aussi une piste de solution.

M. Langlois conseille la compréhension des enjeux de littératie et de décrochage scolaire dans les communautés autochtones. 

« La littératie est un enjeu qui nous concerne tous et nous nous devons de nous pencher sur des pistes de réflexion afin d’améliorer le niveau de vie de l’ensemble des Québécoises et des Québécois », affirme de président de la Fondation pour l’alphabétisation, André Huberdeau.

L’organisme caritatif soutient les Québécois pour assurer leur développement en lecture et en écriture afin de participer à la diminution des enjeux de littératie.

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