Le curé Bradette quitte la région

Par Shirley Kennedy 12:00 AM - 17 mai 2016
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Les Escoumins – Le prêtre Jean-Baptiste Bradette qui dirige les paroisses de Longue-Rive à Sacré-Cœur en passant par Les Escoumins, Les Bergeronnes et Tadoussac, retournera dans son Charlevoix natal le 30 juin prochain. C’est un peu à contre-coeur que ce bourreau de travail fera un retour aux sources afin de recouvrer la santé.

« Ce qui va me manquer le plus, ça va être d’être actif. Je suis de tempérament nerveux. M’en aller dans mes pantoufles, ça me fait peur », avoue-t-il d’emblée. Bien que ce ne soit pas de gaieté de cœur qu’il quitte la région, le bon curé Bradette qui ne fait pas du tout ses 74 ans, sait qu’il n’a plus vraiment le choix. « Mon état de santé m’impose cela. Je vais me reposer, je serai en période de repos. J’aime mon travail, j’aurais continué encore. Mais je suis magané physiquement. Vous savez, quand on a le sentiment que ça bobine dans le fil, c’est qu’il y a quelque chose qui ne marche pas du côté physique », raconte-t-il.

Le 1er juillet prochain, Jean-Baptiste Bradette retourne dans son Baie-St-Paul natal où vivent toujours un frère ainsi que des cousins et cousines. « Sur une famille de 8 enfants, nous ne sommes plus que deux, mon frère et moi ».

La simplicité

L’accueil, la simplicité de la vie quotidienne de nos petits villages sont des particularités qui plaisent à cet homme affable. « C’est encore ça qui est le plus beau, il ne faut pas être compliqué, dit-il. Tu rencontres quelqu’un, tu le connais. La chaleur humaine, c’est de ça qu’on a besoin. Quand on est dans des postes publics, il ne faut pas rester toujours isolé. Il faut se sentir au milieu du monde. Ce n’est pas forcé, c’est naturel ».

Se décrivant lui-même comme une « bonne fourchette », il a pris plaisir à déguster de bons repas avec les vieilles familles des paroisses où il a pratiqué soulignant au passage la ressemblance de la Côte-Nord avec Charlevoix. « Cela m’a surpris lorsque je suis arrivé. Sauf Tadoussac où bien sûr, c’est plus touristique. Évidemment, il y a des compagnies qui sont arrivées et qui sont reparties, cela n’existe pas chez nous ».

Jean-Baptiste Bradette avoue candidement qu’il est un être de contradictions. Alors que ses frères n’en revenaient pas qu’il habitait le paradis de la chasse et de la pêche, il préférait partir « faire un tour », pour se changer les idées, soit dans Charlevoix ou à Montréal. « Je trouve que les poissons et les animaux sont bien dans leur milieu » lance-t-il à la blague.

L’avenir

À savoir qui chaussera ses grands souliers, le curé Bradette n’en au aucune idée. « Je ne sais pas qui va me remplacer. J’ai demandé à Monseigneur et il m’a répondu bien diplomatiquement qu’il avait des prospects. Il ira sûrement à la pêche dans un autre diocèse ».

Loin de lui l’idée de se laisser envahir par la nostalgie, voilà pourquoi il a demandé à ne pas avoir de fête de départ. « J’ai demandé que non. Les fabriques n’ont pas les moyens d’organiser des grosses affaires et ce n’est pas nécessaire. J’ai été heureux toutes ces années là et je vais partir heureux. Quand on part il y a toujours des petites nostalgies et je ne veux pas. C’est tout simplement une page qui se tourne ».

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