L’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac obtient du soutien financier

Par Jacqueline Richer 12:00 AM - 12 avril 2017
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Forestville – L’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac (OOT) s’est vu octroyer un soutien financier significatif de la part de Protection des oiseaux du Québec pour le maintien de l’un de ses principaux programmes de recherche et pour la mise en place d’un suivi novateur d’une espèce en péril.

Comme le précise Pascal Côté, directeur de l’OOT, « Il s’agit de la plus importante subvention provenant d’un organisme de bienfaisance reçue par l’OOT depuis sa fondation en 1993. Une contribution de 60 000 $ sur une période de 3 ans sera ainsi versée à l’organisme, soit à raison de 20 000 $ par année ».

Le suivi du quiscale rouilleux

Le principal projet de recherche qui sera financé est le suivi du quiscale rouilleux, une espèce en péril qui a subi un déclin drastique au cours des dernières décennies. Selon M. Côté, la population de cette espèce a chuté de plus de 85 % depuis le milieu des années 1960. « Une des priorités de recherche ciblées par le gouvernement canadien pour cette espèce est l’amélioration des connaissances sur les corridors de migration utilisés depuis les aires de nidification en forêt boréale jusqu’aux zones d’hivernage dans le sud des États-Unis. De manière à combler ces lacunes, l’OOT aura recours à une technologie novatrice pour suivre la migration d’une soixantaine d’oiseaux sur une période de trois ans, soit 20 par année », détaille M. Côté.

Des émetteurs sur petits oiseaux

Cette technologie consiste à poser sur les oiseaux de petits émetteurs VHF, dont les signaux seront captés à partir d’antennes fixes mises en place depuis 4-5 ans aux États-Unis et au Canada. Le réseau d’antennes connu sous le nom de Motus Widlife Tracking Tracking System est considéré comme le projet de suivi d’oiseaux le plus ambitieux au monde. « À Tadoussac, des émetteurs ont été posés depuis 2014 sur quelques dizaines de grives, des oiseaux de la même famille que le merle d’Amérique et les résultats préliminaires sont tout simplement spectaculaires.

Les données générées par ce projet pourront certainement permettre de mieux connaître les trajets migratoires du Quiscale rouilleux », poursuit-il.

La contribution de Protection des oiseaux du Québec est un appui de taille aux travaux menés par l’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac. « Depuis quelques années, le financement d’activités de recherche est un réel défi. Cette contribution sur trois ans est donc très importante pour nous, en particulier pour l’étude du Quiscale rouilleux, dont la situation est très préoccupante. » spécifie Pascal Côté.

Les nyctales

Le second volet de financement vise à maintenir le plus ancien programme de baguage mené à Tadoussac, soit le suivi nocturne de la petite nyctale et de la nyctale de Tengmalm. Pascal Côté rapporte que ce volet de recherche, qui est mené depuis 1996, est l’un des plus populaires auprès des visiteurs qui ont une chance unique de pouvoir observer de près ces deux espèces de petites chouettes. Les données récoltées en plus de 20 ans, ont entre autres permis de découvrir que la nyctale de Tengmalm est une espèce qui migre au sud de la forêt boréale suivant un cycle de 4 ou 5 ans. Pour 2017, l’OOT s’associera de nouveau au Parc national du Fjord-du-Saguenay pour offrir une activité d’interprétation en lien avec la capture de ces chouettes.

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