Assurance-emploi et Trou noir – Progrès notables pour les travailleurs de l’industrie saisonnière

Par Shirley Kennedy 12:00 AM - 28 novembre 2018
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Danielle Tremblay, Marlène Thiffault, Line Sirois et Marie-Ève B.Théberge du Comité Action Chômage Côte-Nord. Photo Journal Haute-Côte-Nord

Danielle Tremblay, Marlène Thiffault, Line Sirois et Marie-Ève B.Théberge du Comité Action Chômage Côte-Nord. Photo Journal Haute-Côte-Nord

Forestville – Le 20 août dernier, le gouvernement fédéral annonçait la mise en place de mesures visant à soutenir les travailleurs de l’industrie saisonnière. Pour les comités de défense des chômeurs et chômeuses, cette nouvelle représente une avancée considérable qui laisse place à l’espoir de jours meilleurs pour les travailleurs et travailleuses sur qui plane toujours le spectre du Trou noir.

« Avec ce projet pilote, le gouvernement fédéral vient de reconnaître l’industrie saisonnière. Ce n’est pas suffisant pour régler le Trou noir, mais c’est un très grand pas », a lancé Line Sirois, coordonnatrice d’Action Chômage Côte-Nord à la cinquantaine de personnes qui a assisté à la 3e rencontre d’information tenue en Haute-Côte-Nord au cours des dernières semaines.

Dans les faits, ce sont les travailleurs de l’industrie saisonnière du Nouveau-Brunswick où plusieurs députés et ministres du gouvernement Trudeau sont au pouvoir, qui ont fait réagir le fédéral selon Line Sirois. « Les chômeurs du Nouveau-Brunswick ont fait pression puisqu’ils ne voulaient pas retourner en formation. Alors le gouvernement a investi 189 M$ des 230 M$ prévus pour la formation dans un nouveau projet pilote visant à offrir 5 semaines supplémentaires de prestations d’assurance-emploi aux travailleurs de l’industrie saisonnière admissibles dans 13 régions ciblées dont la Côte-Nord ». Les 5 semaines de prestations supplémentaires sont offertes à ces travailleurs qui commencent à toucher des prestations entre le 5 août 2018 et le 30 mai 2020. Ces derniers doivent, au cours des 5 dernières années, avoir présenté au moins trois demandes pour lesquelles ils ont reçu des prestations régulières ou des prestations de pêcheurs. Minimalement, deux de ces trois demandes doivent débuter à la même période, à 8 semaines près.

Quant aux 41 M$ restants, ils seront destinés à la formation spécifique au Trou noir et non dans le but de former les chômeurs et chômeuses dans un autre secteur d’emploi. Les travailleurs touchés sont invités à s’inscrire dès maintenant dans un Centre local d’emploi afin de recevoir de la formation rémunérée. « C’est important que les gens donnent leur nom dès maintenant dans un CLE pour obtenir la formation. En informant les CLE tout de suite, ces derniers seront plus en mesure de préparer la formation. N’attendez pas d’être dans le Trou noir pour vous inscrire », insiste Mme Sirois.

Alliance bénéfique

Depuis plusieurs mois déjà, Action Chômage Côte-Nord et les représentants des travailleurs de l’Acadie ont développé une collaboration étroite qui maximise la puissance du mouvement contre le Trou noir dans l’est du Canada. « Ils s’allient à nous pour réclamer 420 heures travaillées pour 35 semaines de prestations avec les 12 meilleures semaines pour des régions protégées comme la Haute-Côte-Nord où l’emploi saisonnier domine » confirme Line Sirois. Cette dernière est très optimiste pour la suite des choses et croit que cette alliance avec l’Acadie sera bénéfique dans la lutte contre le Trou noir. « Quand ils organisent une assemblée, ils sont 500 dans la salle, la force de frappe est là », se réjouit Mme Sirois.

L’optimisme contagieux de Line Sirois, véritable porte-étendard de la cause, s’est propagé comme une traînée de poudre au sein du comité citoyen. « Pour une fois, le gouvernement comprend qu’il y a un réel problème. On peut espérer qu’ultimement, ça va déboucher sur un programme permanent », ajoute Marie-Ève B. Théberge.

Dans les prochaines semaines, Action Chômage entend rencontrer les chômeurs de la Manicouagan et parler à ceux de la Minganie et de la basse Côte-Nord par l’entremise des médias.

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