Leur fédération en tournée à Baie-Comeau – Les intervenantes en petite enfance rejettent les maternelles 4 ans

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 14 mars 2019
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Valérie Grenon (à droite), présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, pose en compagnie du député Martin Ouellet et de Sylvie Boisclair, responsable du service de garde où les médias ont été convoqués. Photo Le Manic

Valérie Grenon (à droite), présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, pose en compagnie du député Martin Ouellet et de Sylvie Boisclair, responsable du service de garde où les médias ont été convoqués. Photo Le Manic

Baie-Comeau – « Pourquoi mettre des maternelles 4 ans pour tous quand les intervenantes sont formées pour s’occuper du 0-5 ans avec des programmes éducatifs pour amener l’enfant dans son plein potentiel », s’est écriée Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), en tournée à Baie-Comeau plus tôt cette semaine.

La présidente de l’organisation qui représente plus de 250 services de garde en milieu familial reconnus sur la Côte-Nord parcourt le Québec depuis le 11 février afin de dénoncer le projet du gouvernement Legault d’implanter des maternelles 4 ans universelles.

Mme Grenon a rappelé que le premier ministre François Legault défend son projet en insistant sur le dépistage précoce d’enfants en difficulté. « Pour moi, précoce, ce n’est pas à 4 ans, c’est bien avant. (…) Quatre ans, c’est trop peu, trop tard », souligne-t-elle.

Les responsables de service de garde éducatifs en milieu familial effectuent déjà du travail d’observation dès l’arrivée d’un enfant chez elles. Elles n’attendent pas qu’il ait 4 ans pour déceler un éventuel problème et en faire part aux parents.

D’ailleurs, comme l’a noté la présidente de la FIPEQ, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, cible lui-même l’âge de 18 mois pour agir tôt en matière de dépistage.

« Ce qu’on ne veut pas, c’est un déploiement universel pour tous. Pour tous, ce n’est pas un besoin », soutient Mme Grenon, en reconnaissant que dans certains milieux défavorisés, où il a été prouvé que les services de garde éducatifs sont peu prisés, les maternelles 4 ans peuvent être une bonne chose. Elles y existent déjà d’ailleurs.

Au lieu d’investir des millions dans son projet, le gouvernement Legault doit plutôt investir dans le réseau déjà en place pour en améliorer l’accès. C’est d’ailleurs l’un des pans de la pétition qui est en ligne jusqu’au 12 mars sur le site de l’Assemblée nationale du Québec. Elle circule également sur pied. Plus de 30 000 avaient été recueillies à la fin de la semaine dernière.

Pas d’intérêt

Le député péquiste de René-Lévesque, Martin Ouellet, appuie les démarches de la FIPEQ en rappelant que le réseau des services de garde éducatifs a été implanté par le Parti québécois. « Pourquoi ne pas investir dans ce réseau-là plutôt que de travailler de façon parallèle à l’implantation des maternelles 4 ans », s’interroge-t-il.

Lors de la campagne électorale de l’automne dernier, personne ne l’a interpellé à ce sujet. « Donc, pour nous, ce n’est pas souhaité, pas souhaitable et pas réaliste non plus de faire ça mur à mur », martèle M. Ouellet, en invitant le gouvernement à reculer.

Il préconise plutôt le déploiement de nouvelles places et le retour au tarif unique à 8,10 $ par jour avec une indexation au coût de la vie.

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