Cinquante ans de l’inauguration du barrage Daniel-Johnson – Pas de quoi fêter pour Pessamit

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Par Steeve Paradis
Cinquante ans de l’inauguration du barrage Daniel-Johnson – Pas de quoi fêter pour Pessamit
Les 50 ans de l’inauguration du barrage Daniel-Johnson n’étaient pas matière à réjouissance pour le Conseil des Innus de Pessamit. Photo Hydro-Québec

Les représentants du Conseil des Innus de Pessamit ne faisaient pas partie des célébrations ayant entouré les festivités du 50e anniversaire de l’inauguration du barrage Daniel-Johnson, lundi. En fait, il n’y avait rien à fêter à leurs yeux.

« C’est une fête pour Hydro-Québec, mais pas pour nous. Ça fait 50 ans qu’on tente de régler le litige de l’exploitation hydroélectrique sur notre territoire », d’expliquer le conseiller spécial aux négociations et aux ressources du territoire de Pessamit, Jack Picard.

Il faut ici rappeler que Pessamit a présentement plusieurs causes pendantes devant les tribunaux contre le gouvernement du Québec et Hydro-Québec afin « d’obtenir réparation pour plus de 65 ans d’exploitation de son Nitassinan sans consultation auprès des Innus », enchaîne le communiqué émis par le conseil et diffusé sur sa page Facebook.

« L’entente qu’on veut signer avec Hydro sur le projet de ligne de 735 kilovolts entre les postes Micoua et Saguenay va régler une partie des choses, mais pas l’ensemble des revendications », souligne M. Picard.

Pour le Conseil des Innus de Pessamit, ces démarches juridiques doivent interpeller directement l’État « puisque les décisions prises au cours des 65 dernières années de s’approprier et de dénaturer le territoire traditionnel des Pessamiulnut sans les consulter et sans les compenser ont été prises par les gouvernements qui se sont succédé à l’Assemblée nationale, avec l’assentiment du Canada ».

En ce sens, le conseil prévient que ses avocats ont toujours pour mandat « de poursuivre les procédures entreprises, notamment en ce qui concerne l’implantation illégitime de la centrale Manic-5 et de son barrage Daniel-Johnson ».

Jack Picard est aussi revenu sur l’Entente Pipmuakan, acceptée par le Conseil des Innus mais rejeté par voie de référendum par les citoyens de Pessamit en juillet. Cette entente réglerait aussi une partie des litiges entre la communauté et la société d’État, notamment ceux sur le réservoir Manic-5 et l’exploitation hydroélectrique de la rivière Betsiamites.

« On va bientôt reprendre les discussions à l’interne dans la communauté pour clarifier où ça accroche pour les opposants. À notre avis, on a quand même une bonne entente entre les mains », a conclu le conseiller spécial.

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