L’agriculture est-elle une priorité pour la Côte-Nord?

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Par Nicolas Dupont
L’agriculture est-elle une priorité pour la Côte-Nord?
Yves Laurencelle, président de l’UPACôte-Nord. Courtoisie

Au cours des dernières années, on a vu naître dans l’ensemble de la région de nouveaux projets agricoles: une houblonnière à Ragueneau, des serres à Gros Mécatina, de la culture maraîchère à Longue-Pointe-de-Mingan, une serre à Colombier, entre autres. Or, selon certains agriculteurs, il y a toujours une absence de volonté politique afin de réellement développer ce secteur de l’économie.

En 2011, le gouvernement du Québec lançait le programme des Plans de développement de la zone agricole. Il s’agit d’un outil de planification, géré par les MRC.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec publie sur son site web, une carte des MRC du Québec ayant débuté ce travail de planification.

Selon le document dont la dernière mise à jour date de février 2019, la situation de la Côte-Nord est flagrante: une grande zone grise. Aucune des six MRC n’a même amorcé l’élaboration d’un plan. Or, une subvention de 50 000 $ est offerte à toute MRC qui désire se lancer.

Pour le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Côte-Nord, Yves Laurencelle, cette situation témoigne d’une absence de volonté politique dans la région.

« Le développement de la zone agricole, ça vient dire à l’ensemble des acteurs économiques: la région s’est concertée, elle a tout mis ensemble ce qu’elle peut, et c’est vers ça qu’elle veut aller. C’est ce qu’elle veut. Son objectif à atteindre c’est ça. C’est une grosse concertation. Mais c’est la base si on veut développer de façon cohérente », affirme M. Laurencelle.

Denis Picard abonde dans le même sens. Récemment décoré de l’Ordre national du mérite agricole, il se bat depuis des années pour faire la promotion de l’agriculture sur la Côte-Nord.

« C’est avant tout une façon de protéger un territoire à fort potentiel agricole. En protégeant ce territoire, tu exclus les autres usages. En plus, le zonage agricole donne des avantages, comme des retours de taxes. Ma bleuetière n’est même pas dans un zonage agricole. Ça prend des secteurs clés qui sont identifiés. C’est plus facile de développer après », indique M. Picard.

La Côte-Nord et le Nord-du-Québec comptent actuellement 110 producteurs agricoles, dont plus de la moitié sont installés sur le territoire de la Haute-Côte-Nord. Selon le président de l’UPA Côte-Nord, la région est la seule au Québec où le nombre d’agriculteurs est en croissance.

De plus, plusieurs initiatives ont été mises en place au cours des dernières années afin de mettre en valeur ce secteur, comme la Table bioalimentaire Côte-Nord ou encore le Circuit gourmand.

« L’ATR travaille sur le tourisme gourmand. C’est merveilleux, ils ont fait un beau travail. Mais ça prend la base, et la base, c’est un plan de développement », insiste M. Yves Laurencelle. « Les gens commencent à voir que c’est possible. On n’est pas beaucoup, alors ça peut juste augmenter. J’ai déjà vu des promoteurs qui se sont fait dire qu’il n’y avait rien, qu’il n’y avait pas de terre disponible. Combien se sont fait revirer de bord en se faisant dire ça? Je crois que beaucoup de gens veulent se lancer, mais il faut leur donner les moyens », conclut M. Picard.

Interpellé par le journal, le service des communications du MAPAQ n’a pas été en mesure d’indiquer si des MRC de la Côte-Nord avaient entrepris des démarches.

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