Un Baie-Comois d’origine remporte le prix Robert-Cliche pour son premier roman

Par Charlotte Paquet 8:00 AM - 12 mars 2021
Temps de lecture :

Paul Serge Forest, un pseudonyme, a remporté le prix Robert-Cliche 2021 pour son premier roman « Tout est ori », en librairie depuis le 10 mars. L’auteur a grandi à Baie-Comeau.

Paul Serge Forest jubile, et avec raison. Le Baie-Comois d’origine vient de remporter le Prix Robert-Cliche 2021 avec son premier roman, Tout est ori. Une oeuvre dans laquelle la Côte-Nord, la pêche et l’industrie des fruits de mer sont omniprésentes.

« C’est une reconnaissance pour moi qui est complètement inespérée », avoue le papa de deux jeunes enfants qui pratique la médecine familiale à Montréal. Il publie Tout est ori sous un pseudonyme afin de faire une distinction très claire entre sa pratique médicale et ses activités littéraires.

Le récipiendaire a appris un certain vendredi de mai 2020 que son manuscrit avait fait l’unanimité parmi les trois membres du jury du Prix Robert-Cliche. La nouvelle est tombée à la fin de ce qui a été probablement sa plus grosse semaine de travail à vie, dit-il, en faisant référence à cette période au cœur de la première vague de COVID-19. « C’est arrivé à un bien curieux moment, la concrétisation de mes projets littéraires. »

À l’intérieur de ses 456 pages, Tout est ori raconte l’histoire d’une famille fictive de la Côte-Nord qui fait dans le commerce de fruits de mer. Les Lelarge possèdent une importante usine de transformation dans le village de Baie-Trinité. Un Baie-Trinité « complètement réinventé par son architecture, sa géographie, etc., mais pas par ses paysages », précise l’auteur de 36 ans qui, soit dit en passant, a fait ses études secondaires et collégiales à la polyvalente des Baies et au cégep de Baie-Comeau.

Donc, la famille Lelarge signe un gros contrat d’exportation avec une compagnie japonaise. Arrive du Japon tout à coup un étrange visiteur qui débarque dans le village et se met à arpenter la plage. Personne ne sait trop ce qu’il fait, puis on réalise finalement qu’il surveille les exportations de fruits de mer, mais il y a plus.

Laurie Lelarge, la cadette rebelle de la famille, en viendra à tisser une relation très étrange avec l’homme en question. Puis on apprendra que ce dernier est l’auteur d’une invention surprenante du nom de L’ori, qui se retrouve au centre de l’histoire.

« C’est quelque chose qui s’envisage facilement par la conscience humaine, par l’esprit humain, mais qui ne se montre pas facilement », explique Paul Serge Forest, en faisant référence à l’invention.

Fait à noter, à la lecture de Tout est ori, les résidents de la Manicouagan retrouveront plusieurs noms familiers, notamment par l’entremise du Plein Jour, l’hebdomadaire qui a fermé ses portes en 2014, de la ville de Baie-Comeau, des rues Champlain et Laval, du resto-bar Le Blues et de l’ancien bar l’Entrepôt.

Ancré en lui

Mais qu’est-ce qui peut bien conduire un médecin vers l’écriture? Celui dont la famille proche et élargie habite toujours Baie-Comeau raconte avoir toujours eu cet appel-là qui remonte à son adolescence. Il a d’ailleurs étudié brièvement en lettres à l’université avant de bifurquer en médecine. « J’ai continué d’écrire, c’est sûr, il y a des moments moins propices, comme en pleine pandémie ou pendant ma résidence, des moments très chargés, mais j’ai jamais jamais arrêté. »

Avec Tout est ori, un projet de longue haleine amorcé en 2014, Paul Serge Forest savait bien que ce projet d’écriture représentait un aboutissement significatif par rapport à ce qu’il avait fait auparavant. Selon lui, il valait la peine de se mettre à la recherche d’un éditeur. « Et je l’ai trouvé d’une fort belle façon. Je suis vraiment très chanceux », raconte-t-il en référence au Prix Robert-Cliche.

En effet, ce prix, qui vient couronner un premier manuscrit soumis de façon anonyme, assure à son récipiendaire une bourse de 10 000 $ remise par Québecor, en plus de la signature d’un contrat d’édition pour la publication de son roman. Tout est ori est sorti en librairie le 10 mars.

L’auteur a choisi de remettre sa bourse à des organismes qui oeuvrent en alphabétisation. « Étant donné que j’ai la chance d’avoir une carrière lucrative en dehors de la littérature, c’est pour ça que j’ai choisi d’en faire profiter d’autres qui n’ont pas eu ma chance dans la vie. »

Imagination débordante

Paul Serge Forest ne s’en cache pas : il est doté d’une imagination très fertile que l’écriture lui permet de la canaliser. « J’ai une vie ordinaire assortie à une imagination absolument débordante », raconte-t-il d’un ton badin.

Une fois sa journée de travail terminée, le souper passé et les enfants au lit, il s’installe devant son ordi et se laisser aller, dit-il, à créer des univers insolites.

Au sujet d’un éventuel deuxième roman, l’auteur avoue qu’un certain travail est amorcé, mais il est très embryonnaire.

Partager cet article