Élèves résilients, enseignants dévoués

Par Shirley Kennedy 12:00 PM - 09 juin 2021
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Amélie Tremblay de l’école Marie-Immaculée des Escoumins, a partagé sa fierté envers ses jeunes élèves de 2e année qui se sont prêtés aux diverses consignes liées à la pandémie. Photo : Courtoisie

À quelques semaines de la fin des classes, le personnel enseignant et les élèves profiteront pour la plupart, d’un congé plus que mérité. Afin de boucler cette année scolaire qui passera assurément à l’histoire, parole à deux enseignantes du Centre de services scolaire de l’Estuaire, Amélie Dufour et Amélie Tremblay.

Adaptation et chance sont les mots-clés qui résument bien l’année scolaire qui s’achève, s’accordent pour dire les deux enseignantes.

« On s’est adapté. D’annonce en annonce, d’une mesure à l’autre, les enfants ont été résilients, extraordinaires, ils n’ont pas chialé », relate Amélie Tremblay, enseignante de 2e année à l’école Marie-Immaculée des Escoumins.

« On a quand même eu la chance de les avoir toujours en présence et avec le volet plein air, on a réussi à tirer notre épingle du jeu », complète Amélie Dufour, enseignante en français, en arts plastiques et responsable de l’équipe d’enseignants qui supervisent le projet plein air de l’école Notre-Dame-du-Sacré-Cœur de Sacré-Cœur (secondaires 1 et 2).

Activités au grand air

Sorties en fat bike, dessins au fusain en plein air, construction d’abris, atelier sur les feux, bref, les élèves des secondaires 1 et 2 de l’école Notre-Dame-du-Sacré-Cœur n’ont pas été en reste malgré la pandémie et les consignes sanitaires.

« C’est certain qu’il fallait expliquer les mesures au fur et à mesure, c’était quand même assez lourd et lorsque les écoles ont été fermées en mars 2020, le retour a été difficile. Il a fallu rattraper tout ça au vol en mai et juin », souligne Amélie Dufour.

Le point d’orgue du plan de la rentrée scolaire 2021-2022, soit l’annonce du masque non obligatoire à moins d’une éclosion, est un véritable soulagement pour les deux enseignantes.

« Oui ça va faire du bien. Parce que ce n’est pas évident d’enseigner à des petits qui ne peuvent pas voir l’expression de notre visage. On faisait le langage des signes pour se dire bonjour », explique l’enseignante de l’école Marie-Immaculée.

Du positif malgré tout

Pour Amélie Tremblay, l’année scolaire 2021-2022 n’a pas été une année à jeter aux oubliettes.

« Puisque nous avons eu seulement deux étapes au lieu de trois, cela nous a donné du temps pour faire une mise à niveau, en plus que les examens n’ont pas été imposés. »

Le temps qui autrefois était consacré aux multiples activités organisées à l’école Marie-Immaculée, a été judicieusement investi dans la réussite éducative des élèves.

« Après la semaine de relâche, seulement la moitié des mes 19 élèves est revenue en classe. D’autant plus que j’ai beaucoup d’élèves en difficulté, alors je me suis consacrée à la récupération, je leur en ai donné jusqu’à la dernière minute ».

Ayant déjà en main leur tablette, les élèves de madame Amélie ont reçu de l’enseignement à distance en intermittence.

« Ça bien été mais je lève mon chapeau aux enseignants du Québec qui l’ont fait sur une plus longue période. On ne peut pas interagir tout de suite à distance et ils sont petits, ce n’était pas facile ».

S’adapter à sa clientèle

Adolescence oblige, les enjeux ont été quelque peu différents pour Amélie Dufour.

« Notre combat, c’était de les motiver. Ils étaient quasiment rendus asociaux, ils avaient perdu l’habitude des contacts humains. Ils vivaient par le biais des réseaux sociaux », rapporte-t-elle.

L’équipe-école de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur avait prévu le coup. Du nouveau matériel entièrement numérique en sciences, français et anglais a été mis à la disposition des élèves, ce qui a permis aux jeunes de garder le contact.

« Malgré certaines restrictions parentales pour quelques-uns au niveau de l’ordinateur, ils se sont tous débrouillés et ça leur a permis de maintenir le lien entre eux », ajoute l’enseignante au secondaire.

La chimie entre les 33 jeunes des secondaires 1 et 2 de l’école Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, le sentiment d’appartenance distinctif, s’est révélé dans la réponse des parents face à l’invitation générale lancée le 28 mai en collaboration avec le Centre de services scolaire, leur permettant de remplir les formulaires requis afin que leurs enfants soient vaccinés.

« Les formulaires ont été envoyés et dès cette semaine nous avions des retours et le taux de réponses positives est assez élevé », se réjouit Amélie Dufour, qui compte 23 ans d’expérience dans l’enseignement. Ainsi, lundi le 7 juin, un service de transport était prévu pour tous les jeunes de niveau secondaire du secteur BEST.

La semaine dernière, des olympiades agrémentées d’une kermesse ont eu lieu à l’école primaire des Escoumins.

« L’équipe d’organisateurs a fait un travail extraordinaire et les enfants se sont amusés aux jeux de tic tac toe, d’entartrage, il y en a eu pour tous les goûts », rapporte l’enseignante qui se questionne à savoir si la motivation sera toujours au rendez-vous en septembre, dans le cadre des multiples activités auxquelles sont habituées les élèves de son école.

« En ne produisant pas de gala, en faisant moins d’activités, on se demande si on a encore le goût de rembarquer, on verra en septembre », conclut-elle.

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