Les Métaux canadiens projettent une usine à Baie-Comeau

Par Steeve Paradis 12:00 AM - 20 novembre 2016
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Baie-Comeau – L’entreprise Les Métaux Canadiens jette son dévolu sur Baie-Comeau pour mener une étude de préfaisabilité afin d’implanter une usine de silicium métal dans la zone industrialo-portuaire, un projet qui pourrait entrainer un investissement de plus de 300 millions de dollars.

« Nous pensons que Baie-Comeau dispose de tous les avantages afin de construire une usine de silicium la plus compétitive non seulement en Amérique du Nord, mais dans le monde. » Ce n’est pas un élu de la région qui y va de cette affirmation, mais bien le président des Métaux canadiens, Stéphane Leblanc, dans le communiqué dévoilant les intentions de l’entreprise.

La compagnie évoque l’emplacement stratégique pour profiter pleinement du Plan Nord, le faible coût de raccordement au réseau électrique existant et l’accès à un port de mer performant comme quelques-uns des avantages qui ont fait pencher la balance en faveur de Baie-Comeau au détriment de Matane, l’autre ville dans la lutte.

Les Métaux canadiens entend ériger une usine, nommée Hydrid Flex, en mesure de produire 50 000 tonnes de silicium métal à Baie-Comeau, dont la production serait entièrement destinée au marché américain. Plus de 200 emplois directs seraient liés à ces opérations. L’entreprise rappelle que le silicium métal entre dans la production d’alliages pour l’industrie automobile, la fabrication de silicone, le béton haute performance, les panneaux solaires et, bien sûr, les piles lithium-ion.

Marché d’importance

« C’est un marché qui va prendre beaucoup d’importance en Amérique et en Europe, mais spécialement en Amérique du Nord d’ici 2020, souligne M. Leblanc. Il est essentiel pour [la compagnie] de se positionner favorablement dans ce marché prometteur. »

Le lithium qui sera traité à Baie-Comeau pourrait venir de la carrière Langis, dans la Matapédia, un projet de longue date de l’entreprise. Une vingtaine d’emplois sont reliés à l’éventuelle exploitation de cette carrière, dont le produit serait expédié par navire du côté nord du fleuve.

L’étude de préfaisabilité des Métaux canadiens est évaluée à 730 000 $. Innovation et développement (ID) Manicouagan y contribue à hauteur de 340 000 $. « Le projet Hybrid Flex s’intègre dans notre stratégie de développement économique qui vise à diversifier notre base industrielle et créer des emplois dans la nouvelle filière des technologies vertes et par l’attraction d’investissements manufacturiers dans le secteur métallurgique », a fait valoir le président-directeur général, Marcel Furlong.

Attractivité

Pour le patron d’ID Manicouagan, la décision des Métaux canadiens démontre l’attractivité de la Manicouagan, qui a de vastes terrains industriels à offrir, terrains raccordés aux réseaux routier, maritime et ferroviaire.

« Bien que nous ne sommes pas encore rendus à l’étape d’une première pelletée de terre, le choix de l’entreprise québécoise lance un signal positif que la Manicouagan est prête à accueillir des investissements importants sur son territoire », a pour sa part déclaré le député de René-Lévesque, Martin Ouellet.

Outre celui des Métaux canadiens, les projets de transformation industrielle sont en vogue dans la Manicouagan. Mason Graphite doit démarrer d’ici la fin 2016 la construction de son usine de transformation du graphite, un projet de 170 millions $, dans le parc industriel Jean-Noël-Tessier. Quant à Stria Lithium, elle a annoncé elle aussi la tenue d’une étude de préfaisabilité pour une usine de transformation du lithium, évaluée à 20 millions $.

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