Le narval est de retour

Par Jacqueline Richer 12:00 AM - 03 septembre 2017
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Le narval, aussi appelé licorne des mers, suscite la curiosité des humains depuis des siècles. Photo courtoisie

Le narval, aussi appelé licorne des mers, suscite la curiosité des humains depuis des siècles. Photo courtoisie

Tadoussac – Un narval a été aperçu à l’embouchure du fjord du Saguenay près de Tadoussac le 20 août dernier. La baleine à dents, qui vit habituellement dans les eaux de l’Arctique canadien, a été revue en compagnie d’un groupe de bélugas.

Après avoir été repéré dans les eaux de Trois-Pistoles l’an dernier, c’est bel et bien le même cétacé tacheté noir qui a été signalé en Haute-Côte-Nord, photos à l’appui. Le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) n’a toutefois pu vérifier l’identité des bélugas qui l’accompagnaient.

Confirmée une première fois le 29 juillet 2016 au large de Trois-Pistoles, la présence du narval a été signalée à nouveau le 10 août 2016 par des naturalistes du Centre de découverte du milieu marin (CDMM) de Parcs Canada situé aux Escoumins.

 

Le narval, aussi appelé licorne des mers, suscite la curiosité des humains depuis des siècles. À la différence des cétacés migrateurs, les narvals passent leur vie entière dans les eaux de l’Arctique qui baignent le Canada, le Groenland, la Norvège et la Russie. La présence de cet animal dans nos eaux est donc exceptionnelle.

Comme l’indique Robert Michaud, président du GREMM, « il semble avoir trouvé une société d’accueil. Pour les chercheurs du GREMM qui étudient l’organisation sociale des bélugas, l’intégration d’un individu d’une autre espèce au sein des groupes sociaux que forment les bélugas soulève des questions passionnantes ».

En 2003, un narval avait été observé dans le parc marin, secteur Les Bergeronnes-Tadoussac, dans le cadre d’une activité de dénombrement de bélugas par Pêches et Océans Canada.

À propos du narval

Ce mammifère du cercle polaire peut vivre jusqu’à 50 ans. À l’âge adulte, il pèse jusqu’à 1600 kilos. Le mâle se distingue de la femelle par une défense torsadée, une sorte de longue corne de 3 mètres. Le narval ne possède que deux dents, mais la dent gauche du mâle peut mesurer 3 mètres et peser plus de 10 kilos. La taille moyenne d’un narval est de 5 mètres.

Les narvals n’ont pas de dents à l’intérieur de leur bouche et ils se nourrissent par succion, en aspirant leurs proies entières pour les avaler. Ils se nourrissent essentiellement de flétans noirs, de morues polaires ou arctiques, de calmars et de crevettes.

La « défense » du narval n’est pas simplement une dent hypertrophiée, c’est aussi un organe sensoriel très complexe. Les recherches ont montré que la dent du narval possède des capacités sensorielles remarquables, avec environ 10 millions de terminaisons nerveuses qui lui permettent de localiser sa nourriture et aussi, peut-être, de détecter d’infimes variations de qualité de l’eau.

Comme les ours polaires, les narvals dépendent de la banquise pour survivre. Ils subissent donc directement les effets des changements climatiques accélérés.

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