Présence des Innus au sommet du G7

Par Shirley Kennedy 12:00 AM - 22 juin 2018
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Forestville – Les chefs et représentants des Premières Nations innues d’Essipit, de Pessamit et de Mashteuiatsh, ont officiellement accueilli, sur « leur Nitassinan », les chefs d’État venus participer au sommet du G7 il y a deux semaines.

Martin Dufour d’Essipit et Clifford Moar de Mashteuiatsh étaient respectivement présents à l’arrivée des délégués à l’aéroport Jean-Lesage de Québec et à l’aéroport militaire de Bagotville. Au manoir Richelieu, c’est le conseiller Gérald Hervieux qui représentait Pessamit, en l’absence du chef René Simon.

Il était bien sûr de rigueur, selon les Innus,« que les chefs d’État, réunis sur leurs terres ancestrales, soient formellement accueillis par les représentants des Premières Nations. Dans un contexte de reconnaissance des droits et titres autochtones, il est normal que les chefs des Premières Nations dont les ancêtres habitent le territoire de Charlevoix, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord depuis plus de 5000 ans, accueillent les chefs d’État et représentants d’autres Nations », a dit le chef Martin Dufour dans un communiqué émis conjointement avec les autres chefs en présence.

En février dernier, le sherpa du sommet, Peter Boehm, avait rassuré les Innus et les Hurons-Wendat, que tout se déroulerait dans l’esprit de réconciliation prôné par le gouvernement Trudeau, et que « les Premières Nations verraient leur place reconnue devant les dirigeants des sept pays les plus industrialisés du monde, dit le chef des Innus de Mashteuiatsh, Clifford Moar. Le Canada a tenu parole. Notre présence constituait une affirmation politique remarquée partout dans le monde. Nous ne sommes pas venus en tant qu’Indiens de service afin d’apporter un élément pittoresque au sommet du G7. Nous sommes venus pour signifier au monde qu’il y a au Canada et ailleurs sur terre, des peuples autochtones autonomes et solidaires déterminés à prendre la place qui leur revient. Nous sommes venus pour échanger de Nations à Nations ».

Préoccupations

Au-delà des présentations et des mots de bienvenue, il va de soi que les représentants Innus ne disposaient que de quelques minutes pour échanger avec les chefs d’État. « Nous sommes quand même parvenus à exprimer certaines de nos préoccupations, notamment en ce qui a trait à la situation des femmes et aux changements climatiques, soit deux des cinq enjeux identifiés par les dirigeants du G7 », dit le conseiller de Pessamit, Gérald Hervieux.

Les représentants innus affirment qu’ils auraient aimé discuter d’autres sujets tels l’éducation des jeunes, la reconnaissance de leurs droits, le principe de précaution en matière d’environnement, mais ils se disent quand même satisfaits d’avoir eu accès, ne serait-ce que brièvement, aux grands décideurs politiques. Selon le chef Dufour, les dirigeants du G7, leurs ministres et leurs accompagnateurs ont été reçus par les Innus dans ce même esprit de fraternité qui prévalait en 1603 à la Pointe-aux-Alouettes lorsque fut conclue la Grande Alliance avec le roi Henri IV de France : « À cette époque lointaine, les Innus étaient ouverts aux autres peuples et ils le sont encore aujourd’hui. Je note avec satisfaction qu’en inscrivant nos Premières Nations dans une démarche d’accueil et de bienvenue aux chefs d’État, le premier ministre Trudeau a franchi un pas de plus dans le processus de réconciliation avec les Autochtones. »

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