Le transport forestier aussi touché par la pénurie de main-d’œuvre

Par Jean-Sébastien Tremblay 12:00 AM - 04 octobre 2018
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Claude Guérin, de Star Express. Photo Journal Haute-Côte-Nord

Claude Guérin, de Star Express. Photo Journal Haute-Côte-Nord

La Malbaie – Tentés par les salaires alléchants promis par les entreprises œuvrant dans le Grand Nord québécois, les camionneurs forestiers quittent la région, mettant en péril une industrie au cœur de sa vitalité économique.

« Si demain matin, dix candidats qualifiés frappaient à ma porte, je les engagerais tous! », déclare Claude Guérin, propriétaire de Star Express, une entreprise de transport de bois dont le siège social est à Forestville. En affaires depuis 2011, sa flotte compte aujourd’hui 12 camions.

Il constate que plusieurs camionneurs prennent le chemin du Nord québécois, où plusieurs mines exploitent le riche sous-sol du Bouclier canadien. « [Ils] travaillent dans les mines, où ils gagnent de plus gros salaires », déclare-t-il.Le manque de personnel affecte ses affaires et fait en sorte que ses opérations roulent au ralenti. Ironiquement, le contexte économique est présentement favorable pour Star Express, après avoir connu des périodes de crise dans l’industrie forestière. Claude Guérin constate que de plus en plus de contrats sont octroyés, et la hausse du prix de l’essence n’est plus une inquiétude à cause des clauses de réajustement intégrées à ces derniers. « Nous avons recours à toutes sortes de moyens pour recruter des employés, mais c’est difficile », confie l’homme d’affaires. Néanmoins, la créativité des dirigeants de Star Express porte ses fruits. « Nous allons former nos employés directement à l’interne. Jusqu’à présent, plusieurs personnes ont démontré de l’intérêt pour [ce programme], c’est prometteur », affirme M. Guérin.

Du côté des scieries, la pénurie de main-d’œuvre dans le transport forestier se fait également sentir. « En période de forte demande, comme au printemps, c’est plus difficile d’avoir des camionneurs », avance Éric Audet, directeur de l’usine du Groupe Lebel à Saint-Hilarion. Heureusement, l’entreprise peut compter sur des réserves de bois accumulées dans sa cour pour poursuivre les opérations sans interruption. « Tant nos usines que les compagnies de transport avec lesquelles nous faisons affaire sont confrontées au défi de la main-d’œuvre. Tous les secteurs de l’économie sont touchés » affirme Karl Blackburn, directeur principal, affaires publiques et relations gouvernementales, chez Produits forestiers Résolu (PFR), qui exploite des usines de papier à Clermont et Baie-Comeau.

Ce dernier avoue que l’approvisionnement constitue un défi. L’an dernier, les machines de la Côte-Nord ont dû réduire la cadence durant la période des Fêtes, par manque de transporteurs entre la forêt et la scierie productrice des copeaux. À l’heure actuelle, une partie du transport est effectuée par train. « Le manque de personnel affecte aussi l’industrie ferroviaire, car il manque des conducteurs de train! », indique le directeur principal.

L’an dernier, PFR a embauché 1 000 nouveaux employés, et 1 000 autres postes seront à pourvoir cette année. La vigueur économique du Canada et des États-Unis continue donc de poser son lot de défis à l’entreprise.

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