Coming out

Par Erika Soucy
<i>Coming out</i>

Chères lectrices, chers lecteurs, je dois être honnête avec vous. C’est pas facile comme coming out, mais je me lance.

À l’âge de 21 ans, j’ai rencontré un homme et je suis passée du côté obscur de la force… Je suis tombée en amour avec un gars du Lac St-Jean. Ben oui… J’ai marié un bleuet. Un os*t* de Fait-ben ! C’est pas facile tous les jours de me faire dire comment faire sur à peu près toute, mais je tiens le coup. Il faut dire que mon Fait-ben a de belles qualités et qu’il m’a bien fait deux charmants enfants; deux petits grands talents.

Pour ceuzes qui crient aux généralités à ce stade-ci de leur lecture, je vous confirme qu’effectivement, cette fois, je vais manquer de nuance.

S’il y a une chose que mon Fait-ben m’a appris sur le pouvoir de son « Grand Lac », c’est qu’il apporte un vent de légèreté et de fête. C’est qu’il bâtit des gens avenants toujours prêts à se serrer les coudes (certains diront qu’ils sont ben bons pour ça quand c’est le temps de voler nos jobs dans le Nord, mais ce n’est pas l’objet de ma chronique).

Il se dégage aussi de mon Fait-ben un immense sentiment de fierté envers sa région natale et je dois dire que là-dessus, il m’inspire quotidiennement. Nous appelant affectueusement « les pleureux », il n’est pas rare que moi pis mon Fait-ben on s’obstine sur qui est meilleur que l’autre en matière de philosophie régionale. Ça commence souvent en blagues, mais ça peut virer en réelle chicane. Mon Fait-ben ne lâchant pas le morceau facilement, il m’a amenée à réfléchir sur plusieurs mécanismes issus de mon territoire d’origine; certains que je célèbre, d’autres que je tente de changer. Quessé que vous voulez ? On a la plus belle région, on peut pas scorer partout!

Sans lui donner raison de nous traiter de « pleureux », je dirais qu’il se dégage chez certains Nord-Côtiers un profond sentiment de « laissés pour compte ». Et on peut le comprendre! On nous promet la manne, on nous flash le Plan Nord à coup de développement immobilier et autres incitatifs pour finalement se rendre compte que tout ceci ressemblait à une belle grosse promesse d’ivrogne. Le temps de la Manic est révolu, mais nous les barrages, c’est ce qu’on sait faire de mieux !

Et maintenant, quelle sera la suite? Qu’est-ce qu’ils nous promettront, à la prochaine campagne électorale ? Vont-ils miser sur l’économie saisonnière, sur l’éducation? « Je dis ça, je dis rien » (comme je passe mon temps à dire à mon Fait-ben) mais la santé des cégeps régionaux fait certainement partie de la solution !

Parce qu’on se contera pas de peur… À part un pont à Tadoussac pis les voies de contournement sur la 138; les grands projets de construction par chez nous, on arrive pas mal au boutte. Ça va prendre de nouvelles idées, ça va prendre un changement de vision, de philosophie… Ça va prendre la jeunesse qui se serre les coudes et se mette à penser en Fait-ben, elle aussi. (Mais je l’aime mon Fait-ben, là… Pis y sera toujours moins pire qu’un maudit Beauceron!)

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