(PHOTOS) Renaud Pintiaux : photographe du Saint-Laurent

Par Johannie Gaudreault 3:00 PM - 06 octobre 2020
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Voici la photo préférée du photographe animalier Renaud Pintiaux qu’il a prise il y a deux semaines. On y observe deux baleines à bosse.

Originaire de France, Renaud Pintiaux a eu le coup de foudre pour Tadoussac, alors qu’il y séjournait en vacances il y a 23 ans. Il est donc revenu pour y vivre et s’est rapidement amouraché des mammifères et oiseaux marins qu’il photographie maintenant presque quotidiennement.

« Ça fait 32 jours d’affilée que je monte en bateau pour faire de la photo », s’exclame le photographe animalier, qui est toujours impressionné de voir sauter une baleine à bosse ou nager un béluga. « Je ne m’en lasse pas », avouant que l’automne est une saison exceptionnelle pour les photographies de baleines.

Ayant travaillé pour le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) en tant qu’assistant, M. Pintiaux s’est lié d’amitié avec plusieurs capitaines de navires de croisière ou d’embarcations d’excursion. « Je ne me soucie pas de la concurrence, rigole-t-il. Je suis ami avec presque toutes les compagnies. Ça me donne plus d’occasions d’aller en mer. »

En échange, les entreprises reçoivent de magnifiques photos croquées sur le vif, pendant une aventure dans le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent.

« Le fait d’avoir appris à connaître le comportement des baleines au GREMM m’aide aujourd’hui à les photographier. Je peux anticiper leur mouvement et quand elles sont près de sauter, par exemple », affirme le photographe animalier.

Renaud Pintiaux se souvient encore de la première baleine à bosse qu’il a aperçue. « Il était beaucoup plus rare d’en voir à l’époque. C’était en 1999 et elle se nommait Tic Tac Toe. Je la rencontre chaque année depuis », raconte-t-il, précisant qu’elle a un grand X sur sa queue, ce qui lui facilite la tâche pour la reconnaître.

Le photographe a même navigué à travers un groupe d’environ 800 dauphins, ce qui l’avait impressionné. Mais, sa photo préférée, il l’a prise tout récemment, il y a deux semaines.

« J’ai réussi à capter deux baleines à bosse et j’aime beaucoup le résultat », dévoile M. Pintiaux, qui n’est jamais à la recherche des espèces rares, mais plutôt de la beauté.

Il lui arrive tout de même de croiser des mammifères marins en voie d’extinction comme la baleine noire, qui compte approximativement 400 individus mondialement, dont seulement 100 femelles reproductrices.

« C’est du jamais vu de l’apercevoir aussi longtemps dans notre secteur (plus de 10 jours). C’était la première fois que j’en voyais une en 23 ans sur l’eau », souligne le passionné.

En plus de réaliser sa passion le plus souvent possible, Renaud Pintiaux travaille comme serveur au restaurant Chez Mathilde à Tadoussac, continue de collaborer avec le GREMM, conceptualise présentement son site Internet de photographies, joue de la musique avec son groupe Mariacine et bosse sur plusieurs projets, dont un podcast pour la radio de Radio-Canada.

« Le podcast portera sur les sons d’oiseaux et autres surprises. Je le réalise avec mon ami Éric Cyr et il devrait être présenté à Noël. Les sons ont été enregistrés en mars. Grâce à la pandémie, on a réussi à obtenir le silence absolu en nature. Il n’y avait pas de trafic aérien ni maritime, c’était super », déclare M. Pintiaux.

De plus, il travaille également à la réalisation d’un documentaire animalier se déroulant sur une année avec Éric Cyr et Florence Anaïs Pelchat. « Je ne peux pas en dévoiler davantage pour le moment », commente-t-il.

Bien occupé, le Tadoussacien d’adoption garde toujours en tête le respect de ses sujets photographiques et de la nature.

« C’est essentiel pour moi de ne pas être une source de dérangement pour eux. Je ne veux pas les photographier à tout prix, au risque de nuire à leur développement, pour prendre le bon cliché. »

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